C'était une chaude et très ensoleillée journée de juin. Le 12. C'était tranquille, calme. Et puis maman m'a appelé en pleurant. J'ai tout de suite paniqué, j'ai cru qu'il lui était arrivé quelque chose...
Et puis elle m'a dit que tu n'étais plus là, que le Mal t'avais emporté... A ce moment j'ai rigolé, car je n'y croyais pas. C'est nerveux, les gens qui rient à l'annonce d'une tragique nouvelle. J'ai ris, puis j'ai pleuré. A certains moment je riais et je pleurais en même temps. Encore et encore. Ça ne s'arrêtait plus.
Et puis, à tes funérailles, de magnifiques funérailles, je t'ai vu. Tu étais beau, dans ton costume de marin. Tu étais beau, mais tu n'étais plus réellement toi, car le Mal t'avais fait perdre beaucoup de poids. En te voyant, j'ai pleuré, encore et encore. Je sentais mon monde s'écrouler, se replier sur lui même. Et je voyais maman pleurer, sans jamais s'arrêter. Je la voyais serrer les poings quand elle se rappelait vos souvenirs d'enfance. Et cette vue me brisait le cœur, encore et encore, sans arrêt, sans le moindre répit.
Et puis, je me suis dis tu n'avais sûrement plus mal, que tu ne souffrais plus de ce Mal, que tu étais sûrement avec la femme de ta vie, à embêter tout le monde, comme tu le faisait si bien avec maman et moi...
Et puis, tous les souvenirs de nous deux commençaient à monter, à refaire surface, sans prévenir, en s'incrustant dans mes pensées comme un virus. Et j'ai pleuré, encore un peu...
Et puis je n'ai pas craqué depuis que je t'ai vu pour la dernière fois, mais la vie sans toi est tellement difficile. Je ne veux pas penser à toi, car je ne veux pas pleurer, pas encore. Je ne veux pas pleurer encore quelqu'un pendant des années, alors je ne pense pas à toi, à nos souvenirs joyeux, à toutes ces fois où on se prenait des fou-rires à en avoir mal au ventre. Je n'y pense pas, même si ça n'aide pas à t'oublier.
Et puis, je n'ai pas eu le temps de t'annoncer que je vais me marier, car je repoussais à chaque fois le moment de te le dire, en me disant que tu pouvais attendre encore, que le Mal ne t'emporterait pas maintenant... Mais on sait que le Mal est cruel et sans pitié, alors il t'a emporté, avant que j'ai eu le temps de te téléphoner... Alors je te l'ai dis, quand je t'ai vu dans cette boîte bien trop ordinaire, pour une personne extraordinaire, et j'espère de tout mon cœur que tu m'a entendu, et que de la haut, tu es fier de moi.
Amel, brisée

C'est doux et triste à la fois, mais courageux d'avoir écrit tout sa.
RépondreSupprimerCourage à toi .
Flo'
Ecrire ce genre de chose à été très dur, maintenant il faut arriver à les formuler à voix haute, et ce sera encore plus dur...
SupprimerMerci de ton soutien.
Amel